On m’a demandé en commentaire si vous alliez avoir droit au récit de la naissance de Junior. Pourquoi pas?
Bon c’est un récit d’accouchement, ce n’est pas humoristique, ni rien, vous êtes avertis. Et je vous préviens, j’ai accouché à la maison. Alors ceux qui pensent que les femmes qui tentent un accouchement à domicile sont toutes des granos finies , vous êtes pas loin de la vérité. Mais non je blague (quoi que j’ai véritablement un placenta dans mon congélateur. Que je garde en vue de faire une blague à Belle-Maman un jour. ), c’est un récit tout ce qu’il y a de plus normal, à vous de le lire si ça vous intéresse. Et femmes enceintes, vous pouvez le lire sans craintes, c’est un beau récit, sans aucune histoire d’horreur. Ca va vous donner envie d’accoucher!
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Mardi 3 avril.
Je suis à 40, 2 semaines. Toujours aucun signe que l’accouchement approche. Mon chum est en congé, j’en profite pour faire des choses avec les filles. On cuisine nos petits gâteaux de Pâques, et pendant notre recette, je perds un tout petit peu de bouchon. Je dis à mon chum que ca doit approcher, je décide de préparer mon lit, au cas où. Je passe l’après-midi dehors, avec les filles, pour profiter du soleil.
Rien d’autre ne se passe dans la journée, je prends un bain avec mon chum et je vais me coucher.
Mercredi 4 avril.
Je me réveille vers 2h du matin pour aller à la toilette. Je me recouche et je sens le bébé descendre. Puis je perds d’autre bouchon. Assez pour que je me relève et que je dise à mon chum que je crois que ça y est. J’ai des contractions. Pas très douloureuses, mais quand même rapprochées. Je dis à mon chum de rester coucher, je vais descendre au sous-sol prendre un bain. Dans le bain, les contractions n’arrêtent pas, elles sont plus douloureuses que des Braxton-Hicks, alors je crois bien que c’est le vrai travail qui débute. J’appelle mon chum et lui dit de téléphoner à ma mère pour qu’elle puisse venir s’occuper des enfants.
Ensuite, je lui demande d’appeler ma sage-femme. Le travail n’est pas très intense, mais je ne veux pas prendre de chance, parce que mes deux autres accouchements précédents ont été très rapides. Le téléavertisseur de ma sage-femme est fermé. J’appelle donc la deuxième sage-femme, qui elle a un message disant qu’elle est malade et que l’on doit communiquer avec la responsable des sage-femmes.
Je fini par rejoindre Rebecca, qui me demande si on veut descendre à Québec. Je lui dis que je dois attendre ma mère pour les enfants alors je préfèrerais rester chez moi parce que je ne sais pas combien de temps elle va mettre à arriver. Elle me dit qu’il n’y a pas de problème, elle va téléphoner à Dasha, ma sage-femme, qui va venir malgré qu’elle n’est pas de garde parce que c’est ce qu’on avait convenu puisqu’elle habite tout près de chez moi. Rebecca va aussi se mettre en route.
Je sors du bain, je ramasse deux ou trois choses qui trainent dans la cuisine, mon chum vide le lave-vaisselle, les contractions ne sont pas très intenses, on parle, on ri. Dasha arrive quelques minutes plus tard. Elle installe ses choses dans la chambre. On écoute le coeur du bébé et je continue à me promener dans la cuisine. Rebecca arrive à son tour. Elle me dit que nous avons bien fait de ne pas descendre à Québec, il neige à gros flocons et les routes ne sont pas très belles. Un peu après ma mère arrive aussi. Les contractions ne sont toujours pas très fortes, je reste dans la cuisine à parler avec ma mère et mon chum. Les sage-femmes s’installent dans le salon.
Vers 4h30, les contractions commencent à prendre un peu de force. Je vais dans mon lit, mon chum me rejoint et il me flatte le dos. On continue de jaser. Je me lève quelques fois pour aller à la toilette, je prend les contractions une à la fois, mais elles n’ont pas la puissance de ce à quoi je m’attendais, elles sont très tolérables. Le temps passe, Dasha écoute quelques fois le coeur du bébé, mais nous laisse seuls.
Vers 6h30, ma grande se lève. Mon chum va la voir, lui explique que le bébé s’en vient et lui demande si elle veut rester avec sa grand-mère ou elle prèfère aller à l’école. Elle choisit d’aller à l’école. J’explique à mon chum quoi lui mettre dans son sac et je lui demande de m’apporter son messager pour que j’écrive un petit mot à son professeur. (On peut constater que les contractions sont très tolérables pour que je pense à m’occuper des trucs scolaires!) Les deux autres filles se lèvent vers 7h15, viennent me voir, et descendent au sous-sol avec leur grand-mère.
Vers 7h45, ma fille part pour l’école, et je demande à mon chum d’aller chercher Dasha. Je lui demande de m’examiner, parce que j’ai l’impression que mon travail n’avance pas. Les contractions ne sont pas excessivement fortes, elles ne sont pas régulières et ça ne ressemble à rien de ce que j’ai connu. On attend qu’une contraction passe et elle regarde mon col. 6 ou 7 cm, mais très souple. Le bébé par contre est encore haut, un peu mal placé. Elle me suggère de prendre quelques contractions debout pour aider. Elle demande à mon chum d’essayer de me “remonter” la bedaine pendant une contraction pour aider bébé à se placer comme il faut. Mon chum essaie, mais comme il est grand ça ne fonctionne pas. Dasha me demande si elle veut qu’elle essaie. J’accepte, et comme nous sommes à peu près de la même grandeur ca va beaucoup mieux. J’en prend une et je lui dis que je prèfère me recoucher. Elle me dit qu’il n’y a pas de problème, elle retourne au salon. La contraction suivante, je me relève et me mets à 4 pattes, mon chum est surpris me demande ce que je fais. Je n’ai pas le temps de lui répondre mes membranes rompent. Je me couche sur le côté. Et là arrive le travail comme je le connais. Les contractions sont fortes, j’ai chaud, je réclame une débarbouillettes d’eau froide. J’ai mal au coeur. Je sais que c’est bon signe, que je transitionne. 3 ou 4 contractions plus tard je dis à mon chum de demander à Dasha de venir, ca pousse. La poussée est intense, ça fait mal. Je dis à mon chum de se placer à mes côtés et je serre sa main. Je sais que le bébé arrive. Je le sens sortir. J’entends mon chum dire que son cordon est autour du cou (il a 2 tours finalement!) mais il respire très bien. Une autre contraction plus tard, il est sur moi. La poussée aura duré 9 minutes.
On laisse battre le cordon, on se colle moi et lui, mon chum est à nos côtés. Ulysse est arrivé à 8h58, il pesait 8,2 livres et mesurait 55 cm. Il ressemble énormément à ses soeurs, c’est un bébé tout calme, qui se place dans nos vies comme s’il avait toujours été là.